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Élaborée dans le cadre plus large d’un programme d’intégration par les arts et les loisirs (p. ex arts plastiques, activités manuelles, activités sociales et de loisirs, etc.) la SDIA vise à amener les adultes autistes à développer des habiletés permettant de jouer le rôle social qu’ils n’ont pu remplir, compte tenu de leur problématique particulière. Le défi est de miser sur le fait que des personnes, qui portent depuis longtemps l'étiquette d'autiste, puissent passer du statut d'autiste à celui d'artiste. Ce changement de statut devrait leur permettre de se percevoir plus positivement et d’amener leur entourage (famille et intervenants) ainsi que la société à les voir autrement.


Le coeur de ce mode d’intervention consiste à amener les participants à élaborer un projet de groupe, même si cela peut paraître en contradiction avec les caractéristiques de l’autisme (c.-à-d. centration sur le monde intérieur et sur les objets, faible attention portée aux autres, etc.). Ce projet de groupe intègre les idées des participants de façon à ce que chacun en vienne à s'approprier la production collective. Cela permet d’améliorer l'estime de soi en procurant une valorisation par l’activité de groupe. En outre, ce type d’intervention procure la motivation nécessaire à un nouvel investissement des participants dans le développement de leur potentiel individuel. Enfin, la réalisation du projet de groupe permet de sortir du milieu habituel et d'avoir une participation sociale significative et signifiante.

 

En effet, le projet ne prend son sens qu'en permettant aux participants de se produire et d'exprimer leur talent, et ce, dans différents contextes et à plusieurs occasions. Au cours des ateliers, les participants sont amenés à apprendre à faire de la musique comme des artistes musiciens : initiation aux percussions, participation à la création d’oeuvres musicales, répétition en groupe des oeuvres qui seront jouées en spectacle, etc. Ce qui entoure ces ateliers est tout aussi important. En effet, les participants devront (a) apprendre à sortir de leur isolement et à avoir le goût de communiquer ; (b) développer un esprit de groupe et un sentiment d'appartenance à celui-ci et (c) intégrer les normes et les règles inhérentes au rôle d’artiste (p. ex. se coordonner avec les autres membres du groupe, gérer le trac, attendre pour faire sa prestation, s'adapter à différents lieux et auditoires, etc.). Même si la SDIA partage plusieurs points communs avec la musicothérapie, qui se définit comme étant « […] un mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique (rythme, mélodie, harmonie, style, etc.) afin d’améliorer ou de maintenir le bien-être physique et psychique de l’individu » (Association québécoise de musicothérapie, 2003), les activités du mode d’intervention proposé se rapprochent plus de la leçon de musique que de la séance de thérapie. En effet, il est fondamental pour la réalisation des objectifs de production musicale que les participants développent, non seulement leurs habiletés sociales, de communication, etc., mais également leurs compétences comme musiciens pour en arriver à former un groupe.


Fruit d’une collaboration entre le Centre de réadaptation La Maison (CRLM), l'organisme communautaire la SARAT et l'organisme privé Percu-en-Arts, un projet pilote, implanté depuis plus de cinq ans, a permis d’élaborer, par essais et erreurs, ce nouveau mode d’intervention. Celui-ci semble apporter des améliorations importantes chez les participants. Des résultats positifs touchant, entre autres, la communication et la tolérance au changement sont observés par l'ensemble des personnes reliées au projet, particulièrement par les membres des familles qui ont vu de nouvelles habiletés transposées dans l'environnement immédiat et dans le milieu social. L'implication des familles et de l'entourage immédiat dans un projet constructif leur permet de réinvestir dans les capacités de l’adulte présentant un TED. La normalisation qui en découle est significative et a redonné aux parents le goût d'agir comme avec n'importe quel autre de leurs enfants, tel qu’aller souper au restaurant ou assister à des spectacles, en famille, choses auxquelles ils avaient, pour plusieurs, renoncé depuis longtemps. Bien que très encourageants, ces résultats n'ont été observés que manière anecdotique et auprès d'un seul groupe de participants. Il devenait donc impératif de formaliser cette approche en une mode d’intervention cohérent et d'en vérifier les effets de manière rigoureuse. C'est ce que visait le projet financé par le programme de subvention à l'expérimentation de l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ). Ce rapport présente donc, en première partie, la démarche de formalisation du mode d’intervention connu sous le nom de Sociodynamique d'intégration par l'art et en seconde partie, l’expérimentation réalisée auprès d’un nouveau groupe d’adultes présentant un TED et l’évaluation des effets du mode d’intervention.

(Source: "Formalisation et résultats de la recherche")